Je voudrais posséder le lyrisme des grands poètes pour décrire d'une manière plus subtile et délicate l'appréciation de ce mois d'octobre coloré, rempli de plénitude. Cette belle forêt, quel émerveillement! Tous ces arbres avec leur richesse de coloris! Tout est harmonieux autour d'eux; c'est pourquoi ils ont revêtu leur plus bel apparat pour séduire la nature, espérant, avec cette magnificence de couleurs, éloigner les froidures de l'hiver. Seule la maturité de l'automne peut apporter cette beauté royale, qui est l'exemple d'une fin de vie bien remplie…

Maintenant, essayons de comparer les saisons de notre vie avec les changements de ces arbres au cours d'une année. Eux sont devenus si majestueux en octobre. Comme nous, au cours des saisons, ils se sont épanouis. De la naissance à l'enfance, nous étions comme des bourgeons à peine éclos avec une grande fragilité, tout comme eux.

De l'enfance à l'adolescence, nous avions la vitalité de ces jeunes pousses qui ne demandaient qu'à s'épanouir, si nous leur en donnions la chance.

Ensuite ce fut l'été. La beauté de tous ces arbres passant d'un vert tendre à un vert plus foncé! Un agencement de couleurs qui inspire souvent les peintres, même que parfois ils ont de la difficulté à les reproduire avec exactitude.

Quel espoir d'immortalité se dégage dans cette force de vie…Cette prime jeunesse qui se sent invulnérable devant toutes les situations difficiles, provoquant avec témérité les éléments qui peuvent la conduire à sa perte.

Trop souvent nous avons oublié que les arbres les plus solides sont parfois déracinés par les ouragans, arrachant sans pitié cette belle force de vie qui se croyait invulnérable. Nous pensions avoir l'élan nécessaire nous permettant d'arriver à une grande maturité sans trop de dégâts. Hélas! Certains dégâts n'ont pu être évités. Sans doute avions-nous manqué de vigilance. L'important pour nous maintenant, c'est d'apprécier ce beau mois d'octobre comme le symbole d'une vie bien remplie. Ayons la certitude que les pires écarts sont devenus un pont nous permettant de poursuivre notre cheminement jusqu'à l'hiver de notre vie.

Durant ce mois d'octobre, même les oiseaux sont devenus plus sages, plus discrets dans leurs chants; un doux murmure a remplacé leurs cris stridents du printemps qui semblaient dire : "Aimez-moi! Aimez-moi!" Ces cris, nous les avons répétés et répétés au printemps de notre vie, lorsque que nous cherchions l'Amour! L'Amour! Comme nous, ces oiseaux ont un peu folâtré, allant d'aventures en aventures, se cherchant de branches en branches, tout en accomplissant leurs destins…

Enfin, l'automne est arrivé; ils sont devenus plus calmes après avoir réalisé leurs rêves d'amour en donnant la vie à de petits êtres qui seront là pour les remplacer. Après avoir accompli ce pourquoi ils avaient été créés, ils ont compris qu'il ne sert à rien de crier pour avoir l'Amour. Il est toujours là dans chacun de nous. Il est au cœur de notre vie, il a tout simplement changé de dimension. Puissions-nous en être toujours conscient.

Oui, l'apogée de notre vie est un peu comme ce mois d'octobre coloré, rempli de paix et de sérénité.

Lorsque nous passons lentement de la jeunesse à la vieillesse, la beauté de ce mois est fait à l'image de notre vie. C'est un peu notre couronnement avant l'irréparable passage des ans, après avoir réalisé quelques-uns de nos rêves et accepté la perte de ceux-là même qui nous étaient inaccessibles.

Sachons profiter de cette accalmie dans notre vie. Acceptons sans regrets le passé malgré nos erreurs. Nous avons eu de grandes peines et de grandes joies. Maintenant, nous aurons les joies et les peines que nous avons créées, suivant notre capacité d'accepter ce que nous ne pouvons pas changer.

Avant de commencer l'hiver de notre vie "la vieillesse", prenons le temps d'apprécier ce coloris d'octobre en nous disant que lorsque la neige de notre vie aura blanchi le tronc et les branches de ces arbres, leur donnant une allure squelettique, nous aurons toujours l'espoir d'un doux réveil printanier pour une vie aussi belle, sinon meilleure, peu importe ce qu'elle sera.

Lorsque j'étais plus jeune, mon bonheur, c'était d'être aimé,
Maintenant que j'ai vieilli, mon bonheur, c'est d'aimer.

©Tous droits réservés


Jean LePhilosophe




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