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La légende de Notre-Dame du Cap |
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Le curé Désilets a attendu vainement dans son confessionnal, mais
personne n'est venu s'y agenouiller. Désabusé, il retourne à son
presbytère, quand, passant par le chœur de l'église, il y voit un
cochon qui a trouvé un chapelet par terre et le mâchouille. Il raconte
cet incident aux paroissiens et leur dit que Dieu leur pardonnera cette
infamie s'ils prennent l'habitude de réciter le rosaire chaque jour. Peu
de temps après, lorsqu'il meurt, la petite église ne réussit plus à
contenir les fidèles qui y viennent régulièrement.
L'abbé Duguay qui le remplace décide qu'il faut bâtir un nouveau
temple. Mais les gens sont pauvres et le sol sablonneux du Cap ne
contient pas de pierre. Pour raison d'économie, on envisage donc de
démolir la vieille église et d'en utiliser les pierres dans la construction
de la nouvelle. On prendra le reste de la pierre nécessaire sur la rive
sud du fleuve, à Sainte-Angèle, en face de Cap-de-la-Madeleine.
C'est l'hiver 1878, comme il faut traverser le fleuve pour aller
chercher la pierre de construction et que le temps est doux, tous les
dimanches, on dit le chapelet pour obtenir un pont de glace sur le
fleuve. Les mois passent, janvier, février... On est rendu au début de
mars. Toujours pas de glace solide... Les gens tiennent bon dans la
prière. Le curé promet alors à la Sainte Vierge de lui consacrer la
petite église si on peut transporter la pierre pour commencer la
construction envisagée.
Ce n'est qu'au soir du 16 mars, qu'un grand vent s'élève sur la
région, détachant les banquises des rives et les rassemblant en un
pont réunissant les deux rivages. Du 19 au 25 mars, on fait le
transport avec une centaine de voitures tirées par des chevaux. Les
gens qui charrient la pierre sur ce pont de glace le baptisent eux-
mêmes le "pont des chapelets". Ils en sont certains: ce pont est la
réponse de Marie à leur prière. Alors qu'ils traversent le dernier
voyage, à mesure que le traîneau avance, le pont dérive derrière eux.
Mais en remerciement de cette aide, ils dédient la chapelle à Notre-
Dame-du-Rosaire.
La croisade du rosaire.
Une grande croisade du rosaire est lancée à Notre-Dame du Cap en
1950. La plupart des familles prient le chapelet avec l'évêque de leur
diocèse. C'est le chapelet à la radio, "la Croisade du chapelet en
famille." Enfant, je me rappelle qu'à sept heures chaque soir, Mgr
Léger commençait la récitation du chapelet à CKAC. Tous
agenouillés dans la cuisine, ma famille y consacrait fidèlement un
quart d'heure.
La Vierge pèlerine et le congrès marial en 1954
Je me rappelle également qu'une réplique de la statue de Notre-
Dame du Cap en "chapelle roulante" nous rendait visite durant une
semaine une fois par année grâce à notre oncle Emmanuel, Père
franciscain, qui s'arrangeait pour que le "pont des chapelets" fasse
le tour de toutes les familles de ses frères et sœurs, neveux et nièces. C'était une fête à
chaque fois.
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9 mai 2010 ***Fête des mères***
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