2 au 13 Mars 2008 - Quel soulagement! Enfin, fini les hôpitaux à tous
les jours! Marielle vient me chercher, une surprise m'attendait à la
maison : mes amies, la bouteille de champagne, mon gâteau préféré,
des ballons, des fleurs.
Je dis merci à toutes mes amies pour le support et le dévouement
dont elles ont fait preuve durant ma maladie. Je leur dis que mes
résolutions sont bien ancrées en moi, à l'heure présente. J'ai décidé
de faire des changements dans ma vie. Les médecins m'ont bien
répété que si je ne changeais rien, j'étais assurée d'une rechute.
Je sais très bien ce que j'ai à changer…c'est bien cela qui m'effraie…
penser à faire des changements, c'est bien facile en théorie, changer
pour vrai, dans la pratique, c'est une autre histoire.
Avec les amies et ma famille qui me soutiennent de leur amitié, si je
ne veux pas les décevoir, il faut que je me répète souvent : Lise, tu
en es capable!

13 Mars 2008 - Je rencontre mon médecin de famille. Elle a reçu les
résultats de mes tests sanguins.
Je lui parle de ma grande fatigue. À certains moments de la journée,
je me sens comme la neige qui fond au soleil. Je dois m'allonger pour
refaire mes forces.
J'ai de la difficulté à reconnaître mes limites. Le matin, j'entreprends
mille et une choses et, tout à coup, c'est l'épuisement total, et je me
décourage en pensant à tout ce que j'accomplissais avant.
Mon médecin me rassure, elle me dit que c'est normal, que la
radiothérapie cause de la fatigue et ce, même après plusieurs mois.
Mes globules blancs ne sont pas encore assez hauts et
heureusement, elle normalise toutes les anomalies ressenties depuis
le début de ce combat.

14 Mars au 23 mars 2008 - Maintenant, j'apprécie chaque jour : je
me lève tard, huit heures, c'est mieux que cinq heures et demie! Je
prends ma tasse de café devant la TV, calmement, en me disant que
ce qui ne sera pas fait aujourd'hui, je le ferai demain. Non? Je me
trouve bien.
Chaque fois que je vais au magasin où je travaille, je me sens
appréciée, les employés semblent avoir hâte que je revienne et cela
me fait du bien.
Je profite donc de ce ¨congé¨ temporaire pour aller au restaurant
avec mes amies. Je communique beaucoup avec ma famille par
Internet. Mes amies de la Fondation du cancer me téléphonent. Nous
parlons des sentiments et des expériences que chacune a vécus
durant cette période. C'est rassurant, je ne suis pas seule à me sentir
si fatiguée.
J'en profite pour lire. J'en ai tellement rêvé, le temps où je travaillais,
en pensant seulement à faire plaisir aux autres au détriment de mes
propres désirs.
Pour m'aider, je vais chaque mois en massothérapie. J'ai la chance
d'avoir rencontré une excellente masseuse, elle travaille avec
l'énergie et à chaque fois, j'ai l'impression de retrouver mon corps.
Wow! Quelle merveilleuse sensation!

23 Mars 2008 Dimanche - Pâques, la résurrection du Christ!
Et c'est ma fête…
Drôle de hasard cette année, n'est-ce pas? Quel beau jour! Je me
sens ressuscitée, moi aussi. De plus, ma sœur Diane a organisé un
brunch en mon honneur avec la famille, une table bien garnie.
Elle a également fait un témoignage très touchant, en me remerciant
de lui avoir permis de m'assister au fil de ma maladie.
Elle a ainsi pu découvrir des forces qu'elle ne soupçonnait pas en
elle. Elle a remercié toutes les personnes présentes en décrivant à
chacune leurs forces. Je l'envie un peu de s'exprimer si bien, alors
que moi, j'ai besoin de beaucoup d'énergie pour dire ce que je
ressens. Parfois, l'émotion me submerge et mes paroles n'expriment
pas ma véritable pensée.
Je suis certaine maintenant que ma vie va s'améliorer. Je m'organise
des sorties intéressantes. Je me promets de vivre un bel été, de
profiter pleinement de chaque jour, du soleil, de mes fleurs. Cette
année, mes fleurs, je vais les admirer, ce sera ma récompense.
Je regarderai les oiseaux manger à quelques pouces de ma fenêtre
et j'écouterai leurs chants mélodieux. J'ai la chance d'habiter dans
une rue où il y a beaucoup d'arbres, donc, beaucoup d'oiseaux.
J'ai décidé de prendre un cours de méditation, d'une durée de dix
semaines afin de m'aider à ne pas penser à cent choses en même
temps. Je vais aller à Québec visiter ma famille.
Je veux organiser ma vie en fonction de mes besoins et non de ceux
des autres. Souvent, j'ai fait l'erreur d'agir en pensant que j'aidais les
personnes que j'aimais, en faisant les choses à leur place. Je réalise
aujourd'hui que loin de les aider, je leur envoyais le message qu'ils
en étaient incapables. Il n'est jamais trop tard pour changer...
À suivre…