Jeannette
(alias Jean LePhilosophe)
vous présente

"LE RUBAN ROSE"
#13

La lutte continue

Dimanche, 25 novembre 2007 - Dans un mois, ce sera Noël… C'est le temps des préparatifs et des achats pour ce grand jour de fête. Moi qui aime tellement faire les décorations avant Noël!
Je crois encore au miracle… J'espère voir apparaître un Prince Charmant sur son cheval blanc qui me dira : "Belle dame, que désirez vous? Je suis à votre service".
J'ai toujours cru à la pensée magique et j'y crois encore. Je suis redevenue un peu enfant depuis cette maladie qui m'apporte cet état de faiblesse. C'est toujours relaxant de croire en nos rêves, ne fut-ce que pour se reposer de la réalité quelques instants.
J'avais oublié cette citation de ma psychologue: ¨Si vous ne demandez rien, les personnes qui vous entourent ne peuvent lire dans vos pensées. "Demandez, vous recevrez."

J'ai donc téléphoné à mon ex-mari et lui ai demandé de m'apporter un sapin de six pieds, s'il en trouvait un. Aidé de Maxime, Guy a exaucé mon souhait comme je lui avais demandé. Ils ont installé et décoré ce magnifique arbre.
"La preuve que les rêves se réalisent si on ouvre la bouche pour les exprimer."
Je pensais être assez forte pour faire moi-même les décorations de la maison. Je n'ai pu continuer ce travail, car je ressens toujours cette grande faiblesse qui m'oblige à me reposer. Je décide donc d'appeler Murielle, (une autre de mes amies) qui se fait un plaisir de me rendre ce service.

27 novembre 2007 Mardi - Ce matin, une belle surprise m'attendait...
Ma fille Anne a demandé un congé pour me rendre visite. Nous avons eu une bonne conversation, ¨cœur à cœur¨, comme une fille et une mère qui essayent de comprendre ce que l'une ou l'autre vit, suite à cette dure période de leur vie.
Les épreuves que nous traversons toutes les deux, en ce moment, se ressemblent, car elles se rejoignent dans le même "amour filial et maternel".
C'est ce qui est le plus important… Un quatrième pas vers la guérison

Dimanche 2 décembre 2008 - Je suis seule, aujourd'hui, et pour la première fois, j'apprécie la solitude. Je peux me permettre de faire le point sur la vie agitée que j'ai eue, sans penser qu'un jour, la maladie m'atteindrait.
"Beaucoup de temps pour penser à la vie et à la mort."
J'aime bien vivre dans le calme afin de mieux réfléchir, car je recevrai mon quatrième traitement de chimio le ¨six décembre¨. Je dois accepter d'avance les suites ¨bonnes ou mauvaises¨ des efforts que je fais pour vaincre cette maladie.
J'ai toujours eu une santé florissante et je ne pouvais imaginer les nouvelles émotions que la faiblesse me ferait ressentir. Je résiste avec beaucoup de vigueur, malgré mon état de grande fatigue, sachant à l'avance que ¨je n'aurai peut être pas le dernier mot¨. Je me sens impuissante… J'essaie de garder mes illusions, tout en sachant que le mot cancer veut souvent dire mort.
J'ai vu partir plusieurs de mes amies, ainsi que des collègues de travail plus jeunes que moi, et qui laissaient derrière eux un grand vide.
Ces départs créent un chagrin incommensurable qui marquera la vie de ces familles à jamais. ¨C'est ce qu'on appelle des vies brisées.¨ Ce qui me donne l'espoir que je vais guérir, c'est que je n'ai pas maigri d'une seule livre malgré le manque d'appétit. J'ai un bon teint. La seule chose qui m'identifie comme (cancéreuse), c'est mon crâne sans cheveux, rude comme de la laine d'acier.

4 décembre 2007 - Aujourd'hui, je suis allée acheter des cadeaux en pensant que c'était peut-être le dernier Noël que je fêtais.
J'ai rencontré mes compagnes de travail qui m'ont fait un accueil très chaleureux. Elles m'ont serrée dans leurs bras en me disant qu'elles avaient hâte de retrouver "leur patronne".
Quand j'entendais l'appel de la sono à toutes les minutes dans ce magasin où je travaille, j'avais l'impression que c'était moi que l'on appelait.
Je suis sortie le cœur rempli de belles émotions. Tous ces témoignages d'amour vont me donner encore plus de courage pour gagner ma bataille contre les ¨méchantes petites cellules¨ qui veulent détruire mon système immunitaire. Elles n'ont qu'à bien se tenir…
À suivre…