Dans la mythologie romaine, Cupidon est le
fils de Vénus, déesse de l'Amour. Il est
surtout connu pour être le beau et jeune
dieu qui tomba amoureux de la belle Psyché.
Jalouse de la beauté de Psyché, Vénus,
déesse de l'Amour, ordonna à son fils
Cupidon de rendre Psyché amoureuse de
l'homme le plus laid sur terre.
Heureusement pour Psyché, ce fut Cupidon
qui tomba amoureux d'elle; il l'emmena
dans un palais reculé où il lui rendait
visite chaque nuit, sans qu'elle puisse
le voir ou le reconnaître. Bien que Cupidon
lui eût interdit de voir son visage,
Psyché alluma une lampe une nuit pour
le voir pendant qu'il dormait.

Psyché voit (quel spectacle !) le plus
aimable des monstres et le plus privé,
Cupidon lui-même, ce dieu charmant,
endormi dans la plus séduisante attitude.
Elle se sent comme renaître à cette
contemplation.Elle admire cette tête
radieuse, cette auréole de blonde
chevelure d'où s'exhale un parfum
d'ambroisie, ce cou blanc comme le lait,
ces joues purpurines encadrées de
boucles dorées qui se partagent
gracieusement sur ce beau front, ou
s'étagent derrière la tête, et dont
l'éclat éblouissant fait pâlir la lumière
de la lampe. Aux épaules du dieu volage
semblent pousser deux petites ailes, d'une
blancheur nuancée de l'incarnat du coeur
d'une rose. Dans l'inaction même, on voit
palpiter leur extrémité délicate, qui jamais
ne repose. Tout le reste du corps joint au
blanc le plus uni les proportions les plus
heureuses. La déesse de la beauté peut
être fière du fruit qu'elle a porté.
Au pied du lit gisaient l'arc, le carquois et
les flèches, insignes du plus puissant des
dieux. La curieuse Psyché ne se lasse pas
de voir, de toucher, d'admirer en extase les
redoutables armes de son époux. Elle tire
la trempe, elle en appuie le bout sur son
pouce ; mais sa main, qui tremble en
tenant le trait, imprime à la pointe une
impulsion involontaire. La piqûre entame
l'épiderme, et fait couler quelques gouttes
d'un sang rosé. Ainsi, sans s'en douter,
Psyché se rendit elle-même amoureuse de
l'Amour. De plus en plus éprise de celui
par qui l'on s'éprend, elle se penche sur lui<
la bouche ouverte, et le dévore de ses
ardents baisers. Elle ne craint plus qu'une
chose, c'est que le dormeur ne s'éveille
trop tôt. Mais tandis qu'ivre de son
bonheur, elle s'oublie dans ces transports
trop doux, la lampe, ou perfide, ou jalouse,
ou impatiente de toucher aussi ce corps
si beau, de le baiser, si j'ose le dire,
à son tour, épanche de son foyer lumineux
une goutte d'huile bouillante sur l'épaule
droite du dieu. O lampe maladroite et
téméraire ! O trop indigne ministre
des amours, faut-il que par toi
le dieu qui met partout le feu connaisse
aussi la brûlure, par toi, qui dus l'être
sans doute au génie de quelque amant
jaloux des ténèbres, et qui voulait leur
disputer la présence de l'objet adoré !
Le dieu brûlé se réveille en sursaut. Il voit
le secret trahi, la foi violée, et, sans dire
un seul mot, il va fuir à tire d'aile les
regards et les embrassements de son
épouse infortunée.

Cupidon l'abandonna parce qu'elle lui avait
désobéi, et Psyché se mit à errer
misérablement à sa recherche. Après bien
des déboires, elle retrouva Cupidon et fut
rendue immortelle par Jupiter, roi des dieux.