La légende du cadeau de l’orphelin

Un jeune orphelin vivait dans un village. C’était le temps de Noël et la coutume voulait que tout le monde dépose des cadeaux au pied d’un grand arbre de Noël au centre du village. Le matin de Noël, le monde se rassemblait autour de l’arbre pour chanter des chants de Noël et distribuer les cadeaux à ceux qui étaient très pauvres.
Pour Noël, le petit garçon orphelin voulait déposer un cadeau sous l’arbre. Mais, il n’avait pas grand-chose à donner. En réalité, les seules choses qu’il possédait étaient un petit chariot, un foulard rouge et un sou noir.
Le garçon réfléchit : Je sais, dit-il, je vais laisser mon chariot sous l’arbre, même s’il est petit, quelqu’un le trouvera sûrement aussi utile que moi. Mais comme le garçon tirait son chariot pour le placer sous l’arbre, un autre enfant y plaça un chariot tout neuf et brillant. «Mon chariot est vieux et bossé, il est rouillé et a tant d’égratignures! Je ne peux pas le donner en cadeau.» Tristement, il éloigna son chariot de l’arbre. Puis il pensa : «Peut-être que quelqu’un pourra utiliser mon foulard. Même s’il a perdu un peu de sa couleur, il me garde encore au chaud.» Le garçon enleva donc son foulard d’autour de son cou et vint pour le placer sous l’arbre. Juste au moment où il se penchait pour le déposer, un autre enfant plaça un foulard tout neuf et tout doux en dessous de l’arbre. Le petit orphelin se dit à lui-même : «Mon foulard est trop vieux pour être mis en dessous de l’arbre.» Il remit le foulard autour de son cou et s’éloigna. Quand il mit ses mains dans ses poches, il ferma ses doigts sur le sou noir. Sûrement quelqu’un pourrait utiliser le sou noir, pensa l’enfant. Mais comme il allait le déposer sous l’arbre, une autre personne y déposa un coffret de pièces d’or.
Maintenant, le garçon était bien triste. «Mon sou noir est si petit, pensa-t-il, personne ne le remarquera. À quoi peut servir un sou noir à côté d’un coffret d’or?»
Il semblait donc n’y avoir rien que l’orphelin puisse placer sous l’arbre de Noël. Comme il retournait lentement à la maison, il entendit une chorale pratiquer des chants de Noël pour le lendemain matin. Le chant que fredonnait la chorale lui donna une idée. Le lendemain matin, tous les gens du village se hâtèrent vers l’arbre de Noël. Comme ils se rassemblaient en chantant, chaque personne regardait le cadeau qu’elle avait placé sous l’arbre, espérant que c’était le plus beau de tous. Tout le monde vit le chariot tout neuf, le foulard tout doux et le coffret d’or. Ils remarquèrent aussi autre chose : le petit orphelin, tout replié sur lui-même, y dormait profondément.

Car, voyez-vous, le garçon s’était rappelé quelque chose de très important : Quand Dieu avait voulu faire le plus beau des cadeaux, il s’était donné lui-même.


Le vieil homme et l'oiseau

Il était une fois un vieux monsieur qui allait se promener tous les jours dans la montagne, même aux pires jours de l'hiver. Il remplissait ses poches de graines de tournesol et s'arrêtait ici et là pour nourrir les mésanges qui comptaient sur lui pour traverser la dure saison.
Les skieurs stoppaient leur randonnée pour regarder cet étrange bonhomme; et les enfants n'en revenaient pas de voir ses yeux bleus rayonner de joie, quand un pinson se perchait sur ses doigts pour picorer des grains dans sa main.
Un jour, néfaste entre tous, pas un seul oiseau ne vint au rendez-vous habituel. Alors, on vit une chose qu'on n'avait encore jamais vue. Le vieux monsieur prit de la neige toute fraîche et façonna de ses mains un oiseau frileux. Puis, doucement, tout doucement, il souffla sur cet oiseau de glace. Il le réchauffa si bien que l'oiseau se mit à battre des ailes et à voler autour de lui jusqu'à ce qu'il vint quêter des grains dans sa main généreuse.
Ce jour-là, la montagne tout entière frémit de joie, les enfants applaudirent très fort, et les anges chantèrent du haut des cieux: «Gloire à Dieu si grand qui met au cœur des humains tant de bonté!»
Auteur: Jules Beaulac