Souvenir d'un Noël

Ma mère avait convaincu mon père d'aller passer les fêtes chez ses parents. Ils demeuraient loin de nous et nous n'avions pas souvent l'occasion de les voir. J'étais fille unique et l'idée de voir mes grands- parents ainsi que cousins et cousines me mettait de la joie au coeur.

Je me souviendrai toujours de ce fameux Noël passé chez mes grands- parents. Mon grand-père se faisait de plus en plus vieux. On disait qu'il n'avait pas toute sa tête parce qu'il répétait souvent les mêmes choses et qu'il en oubliait d'autres. Moi, je l'aimais beaucoup ce vieillard aux cheveux gris. J'avais huit ans ce Noël-là et ma mémoire ne m'a jamais permis de l'oublier.

Lorsque nous sommes arrivés à la maison ancestrale, mon grand-père se tenait là, debout, le sourire aux lèvres et du frimas dans la moustache. Je me souviens d'avoir couru pour me jeter dans ses bras. Il me serrait très fort et a presque fait tomber ma tuque. À l'intérieur, ça sentait la bonne cuisine de grand-mère et la pipe de grand père.

Le lendemain, lui et mon père sont partis très tôt le matin pour aller chercher un sapin. Comme il était beau et fourni ce sapin ! Et puis ça sentait comme dans la forêt. Maman aidait grand-mère avec une de mes tantes à préparer le repas du réveillon. Mon grand-père m'a fait venir au salon. Il y avait là une énorme boîte contenant des guirlandes et des boules. Puis j'ai cru voir briller ses yeux lorsqu'il en a sorti un ange à couronne de fleurs roses. Il l'a mis au sommet de l'arbre en me disant: "Tu sais ce n'est pas un ange ordinaire. C'est l'ange de Noël, il apporte paix et bonheur dans tous les foyers. Le père Noël, dans le fond, à part les cadeaux, il ne fait pas grand chose, mais l'ange à couronne de fleurs roses fait naître toute la magie de Noël en exauçant tes voeux". Je me souviens alors avoir souhaité que grand-père demeure près de nous encore très longtemps.


Ce fut un merveilleux réveillon : "La bonne dinde de grand mère, les p'tits bonshommes en pain d'épices, le rire de mes cousins et cousines, les cadeaux. Mais surtout les histoires de lutins et de diablotins que grand- papa nous racontait".

De retour à la maison, nous avons appris par un télégramme de grand- mère, que quelques jours après les fêtes, un certain matin, mon grand- père ne s'était pas réveillé. J'étais en colère, l'ange de Noël n'avait pas réalisé mon voeu. Il ne serait plus jamais avec nous. Mais je n'avais pas encore compris à l'époque que le souvenir lui ne meurt pas.

Maintenant, à chaque Noël, je pose un ange à couronne de fleurs roses au sommet de mon arbre. Parce que je sais qu'il fera revivre le souvenir de grand-père qui était pour moi paix et bonheur. Auteure: Line Rhéaume


Le petit oiseau de glace
Il était une fois… tout en haut d'un arbre, blotti au creux d'une branche, un petit oiseau qui avait refusé de suivre ses parents et amis dans les pays chauds parce qu'il voulait voir la grande fête de Noël.

Il avait bien essayé de s'imaginer les sapins décorés de lumières qui brillaient, les chants qui montaient dans les airs, mais la curiosité l'avait emporté sur les précieux conseils de ses amis, et voilà qu'il se retrouvait seul sur sa branche transi de froid.

Ai-je pris la bonne décision? se demanda-t-il en regardant les blancs flocons recouvrir tranquillement le sol.

Du haut de son royaume, le père Noël observait la scène. Il ne pouvait s'empêcher d'être surpris de trouver autant de détermination chez un si petit animal.

Quel caractère! s'exclama-t-il en secouant la tête. Puis il se remit au travail afin que tout soit prêt pour la grande nuit de Noël. Or la veille de Noël, pendant que le père Noël était sorti nourrir ses rennes, le temps se gâta. Une pluie de verglas tomba et le petit oiseau qui n'avait aucun refuge, se transforma en oiseau de glace. En rentrant chez lui pour charger son traîneau, le père Noël voulut jeter un dernier coup d'œil sur son protégé, mais il ne le trouva pas. Ce petit oiseau n'a pas pu disparaître ainsi! s'exclama-t-il. Après quelques instants de profonde réflexion, il appela ses rennes. Parcourez la région de long en large, leur ordonna-t-il et convoquez tous les animaux à une grande réunion. Je vous attendrai dans la clairière, à l'orée du grand bois, le plus vite possible.

Sans perdre un seul instant, les rennes s'élancèrent dans toutes les directions. Oyé! Oyé! lançaient-ils, le père Noël vous attend dans la clairière, vite! C'est une situation d'urgence. Tous les animaux prirent la chose au sérieux et se précipitèrent dans la clairière. Le père Noël faisait rarement appel à eux. Ce devait, en effet, être d'une grande importance. Que se passe-t-il donc? demanda le chevreuil, en arrivant sur les lieux. Aucune idée, répondit le renard. Le père Noël attend que tous les animaux soient arrivés pour parler. Regardant autour d'eux, ils reconnurent l'hermine, le loup, l'harfang des neiges, l'écureuil le lièvre et bien d'autres encore… Tous les animaux semblaient avoir répondu à l'appel du père Noël.

Il ne doit plus manquer grand monde! s'écria une petite loutre. Elle venait tout juste de terminer sa phrase que le père Noël s'éclaircit la voix. Hum! Hum! fit-il. Merci d'être venus si nombreux. Je pense que nous pouvons commencer. Depuis quelque temps déjà, je veille sur un petit oiseau. Chaque jour, je m'assure que tout va bien pour lui. Mais depuis la pluie de verglas il semble avoir disparu et je m'inquiète de son sort. Je voudrais que vous m'aidiez à le retrouver. Il reste bien peu de temps avant la grande nuit de noël.

Oh, oui, firent les animaux. Pauvre petit oiseau. Vite cherchons-le. Le père Noël n'en attendait pas moins d'eux. Tous se mirent à fouiller la région dans les moindres recoins sans succès. Poursuivez les recherches, les encouragea le père Noël. Nous devons le retrouver. Soudain, l'écureuil qui sautait de branche en branche, découvrit le petit oiseau de glace. Ici, il est ici! Je l'ai trouvé. Mais il est de glace. Toi, ordonna le père Noël en pointant l'harfang, va vite me le chercher et surtout, fais bien attention. L'harfang des neiges prit son envol, s'empara du petit oiseau avec délicatesse et vint le déposer dans la main du père Noël. Le père Noël crut qu'il ne pouvait plus rien pour le pauvre animal. De plus, il devait songer à partir s'il ne voulait pas ëtre en retard pour distribuer ses cadeaux.


Une larme roula sur sa joue et tomba sur le petit oiseau. À la grande surprise de tous, la glace se mit à fondre et le petit oiseau ouvrit les yeux. Les animaux étaient tellement contents qu'ils se mirent à danser et à sauter de joie. Et lorsque le petit oiseau ouvrit le bec, il en sortit les plus beaux chants de Noël qui soient.