Sorry, you don't support that plug-in

ROMAN-FEUILLETON VIRTUEL

LA RIVIÈRE CHAUDE

Épisode 19
La passion

Les Julien choisirent cette période pour venir passer leurs vacances.
Ils s'en réjouirent tous, espérant qu'en joyeuse compagnie, la jeune veuve retrouverait son entrain et la joie de vivre.
A la vue de celle pour qui son cœur soupirait en silence et qu'il croyait libre, Mario ne put cacher son admiration.
-Tu deviens de plus en plus belle et adorable! fit-il fasciné.
Elle le fixa dans les yeux et y lut tout l'amour du monde. Elle se fit charmante et sourit de son sourire irrésistible, ce qui ne lui était pas arrivé depuis sa maladie.
Ils furent souvent ensemble dans les jours qui suivirent s'adonnant à l'équitation et à la natation. Diane se laissait bercer par la voix caressante et chaude du jeune homme qui la courtisait. Pour la première fois, elle sentait combien il était doux d'être aimée.
Assoiffée de tendresse, elle ne découragea pas les avances d'abord timides de Mario.
Ce jour-là, assis l'un près de l'autre, ils ne pouvaient rester insensibles au ravissant tableau qui s'offrait à leurs yeux. Le feu du jour embrasait le ciel. La forêt allait être bientôt enveloppée d'ombre. Elle était empourprée par les rayons du couchant. À leurs pieds, la rivière chaude sautillait comme une fillette heureuse de vivre. Elle éclairait les arbres qui, dans leurs feuillages assoupis, n'exprimaient que le calme et se penchaient pour se mirer dans le cristal limpide de l'onde.
Heureux, ils écoutaient les concerts mélodieux des petits rois des bois.
Mario avait passé un bras caressant autour de l'épaule nue de Diane.
-C'est un vrai tableau de rêves qui se prête bien aux amoureux voulant échanger d'éternels serments, murmura-t-il rêveur.
Grisé par son parfum, Mario se pencha vers elle et se hasarda enfin à toucher ses lèvres pleines qui le troublaient depuis si longtemps. Comme elle ne lui opposait aucune résistance, il emprisonna sa taille dans une étreinte possessive et se mit à couvrir son visage de baisers passionnés
-Je t'aime, Diane!… Je t'aime depuis des années.
-Mario, chuchota-t-elle lui rendant ses baisers, je ne savais pas qu'il était aussi merveilleux d'être aimée par toi.
-J'ai tellement souffert loin de toi.
-Je suis là à présent et j'ai soif de toi, de tes caresses, dit-elle délirant sous les lèvres fiévreuses qui réveillaient en elle un feu à la fois doux et brûlant.
Diane déboutonna lentement sa blouse. Elle lui offrit ses beaux seins pointus qui se durcissaient sous les coups de langue avide de Mario. Elle enleva ses vêtements un par un d'une façon suggestive comme une strip-teaseuse. Il l'imita.
Dans l'herbe fraîche, elle exposa son sexe tout chaud et humide devant ses yeux qui la dévoraient. Elle prit le sien adroitement entre ses mains, le stimulant et le frottant avec art entre ses cuisses jusqu'à ce qu'il la supplia d'arrêter tellement le plaisir était intense. Puis Mario se servit savamment de ses doigts et de sa bouche pour faire jouir Diane plusieurs fois et la maintenir au supplice à son tour. Finalement, ils se donnèrent l'un à l'autre sans réserve, au comble de l'extase.
Continuant de l'embrasser tendrement, il lui dit :
-J'ai tant besoin de toi, ma chérie!
-Si tu savais combien ton amour réchauffe mon cœur et me fait du bien, Mario.
-Je suis si heureux de voir mon amour partagé, ma bien-aimée.
-Tu me redonnes le goût de vivre.
Elle s'appuya contre sa poitrine nue câlinement comme pour s'assurer que ce n'était pas un rêve.
-Ah! tout recommencer! reprit-elle le visage épanoui. Oui, rien que toi et moi…
Ses beaux yeux noirs s'ombrèrent aussitôt d'un mélancolique souvenir, ce que Mario, exultant, ne nota pas.
Ils rentrèrent… Les autres n'eurent pas de peine à lire l'adoration que Mario ressentait pour madame Godin.
La passion de Diane pour Mario était trop forte pour qu'elle renonce à lui. Ils se firent l'amour tous les jours et même après le retour des Julien en ville, ils n'en continuèrent pas moins de se donner des rendez-vous.
Mario, qui désirait ardemment épouser Diane, lui demanda un soir :
-Ta période de deuil a été respectée, consentirais-tu à devenir ma femme, Diane? Je t'aime tant.
-J'aimerais mieux attendre, mon chéri.
-Tu ne m'aimes donc pas assez? s'alarma-t-il devenu anxieux.
-Si, je t'aime, Mario. Ne sommes-nous pas des plus heureux ainsi? Pourquoi vouloir changer le monde si merveilleux du moment?
-Pour que nous soyons plus près l'un de l'autre et toujours ensemble, mon adorée. Je ne respire que par toi.
-Je n'aspire qu'à t'aimer, Mario, et qu'à être aimée de toi.
-Alors pourquoi ces hésitations?
-J'ai peur… J'ai été si peu gâtée par mon premier mariage…
-Je sais, mon amour, mais tu n'étais qu'une gamine alors.
-Oui, une gamine qui a payé chèrement sa fantaisie.
-Ce qui t'empêchera de répéter ton erreur. Crois-moi, nous avons toutes les chances de succès en notre faveur.
-Je ne suis pas encore prête, Mario. C'est au nom de notre cher amour que je te conjure d'être patient avec moi et d'attendre.
-Si tel est ton désir, nous attendrons, dit-il résigné.
Dans l'espoir de lui faire oublier sa déception, elle se blottit tour contre lui et se mit à lui donner de baisers ardents auxquels il ne tarda pas à répondre avec fougue. Emportés par leur folle passion, ils s'aimèrent physiquement avec toute l'ardeur de leur jeunesse.
Quelques jours plus tard, le hasard mit Mario devant Sylvie et il ouvrit son cœur à sa tendre amie, espérant qu'elle lui aiderait à vaincre les hésitations de Diane.
Sylvie eut du mal à cacher son désarroi devant l'énormité du problème et elle lui promit d'en discuter avec sa sœur dès qu'elle serait en congé.
Ce n'est pas sans éprouver un certain malaise que madame veuve Godin vit arriver Sylvie dont l'air sévère et grave ne la rassura guère. Elle l'évita et se réfugia dans le jardin où Sylvie finit par la dénicher, assise nonchalamment sur l'herbe humide.
-Que signifie cette nouvelle audace de ta part? enchaîna Sylvie immédiatement.
-Laquelle? fit Diane d'un air ingénu.
-Mario est fou de toi et tu l'encourages.
-C'est mon affaire, petite sœur chérie, railla-t-elle.
-Ne te rends-tu pas compte qu'une femme mariée a des devoirs envers son mari?
-Pas s'il est mort…
-Pas de comédie entre nous, veux-tu?
-Sur quoi te bases-tu pour m'accuser ainsi? C'est grave.
-Mario m'a fait des confidences et m'a priée de te convaincre d'accepter sa proposition en mariage.
-Et que dois-je faire? Toujours observer les règles, comme toi, Sylvie. C'est ennuyant!
-Diane, tu dois faire ce que toute personne sensée ferait à ta place : lui dire la vérité.
-Mario me plait et il est fou de moi. Nous resterons simplement amants.
-Ce n'est pas suffisant pour Mario qui veut t'épouser. Je finirai par croire que tu n'es qu'une petite écervelée, s'emporta Sylvie indignée. Je suis des plus sérieuses, Diane, si d'ici peu tu ne trouves pas un prétexte quelconque pour rompre avec Mario, aux grands maux, les grands remèdes.
-Tu ne me demanderais pas une telle chose si tu savais à quel point son amour adoucit les ravages causés par TON Bruno… Et dis-moi, toi qui sembles si vertueuse, qui est la plus coupable? La femme qui trompe son mari en baisant avec un autre homme ou celle qui se languit pendant des années en gardant dans son cœur le visage d'un homme marié?
Sylvie comprit l'allusion et courbant le front, s'éloigna triste et inquiète.
Ce soir-là, elle se montra particulièrement douce et affectueuse pour sa mère adoptive près de qui elle aurait aimé s'épancher comme lorsqu'elle était toute petite. Émilienne lui dit sa joie de voir Diane s'attacher vraiment à quelqu'un et Sylvie souffrit de devoir se taire.
Quant à Diane, restée seule dans le jardin, elle avait longuement réfléchi et conclut que, tant que sa mère vivrait, elle ne serait pas démasquée. Elle continua donc sa liaison avec Mario, jetant son corps assoiffé d'amour dans cette folle passion.

À suivre...




La rivière Chaude
©1985,2007 Annetter Tous droits réservés